Temps fort sur le thème de la mémoire et de la parole du témoin au lycée : deux conférences de l’historienne Annette Wieviorka

Dans le cadre de son projet fédérateur « Mémoires en partage » et de la résidence de l’artiste Charlie Bonallack, le lycée G. Pompidou a accueilli jeudi 21 novembre, l’historienne Annette Wieviorka.

Annette Wieviorka, historienne

Cette rencontre rendue possible grâce au partenariat entre le lycée et le musée de la résistance et de la déportation de Castelnau le Lez, a bénéficié à 5 classes de terminales. Avec une très grande clarté, et des exemples pris dans la culture contemporaine des élèves, Annette Wieviorka a expliqué comment à partir du procès d’Adolf Eichmann, la parole des survivants de la déportation, est devenue audible pour le monde entier et a modifié les consciences. Un basculement s’est alors opéré d’une société fondée sur l’analyse de documents, on est progressivement passé à une société des témoins où les individus disent l’histoire. Cela s’est notamment très bien vu après le Bataclan où les médias ont relayé en nombre la parole des survivants, mais aussi les portraits des morts, les témoignages de leurs familles… Il a fallu attendre près de deux ans pour que l’accent soit mis sur les raisons de cet attentat, les portraits des terroristes, des éclairages sur l’organisation et des réseaux impliqués… Mme Wieviorka de conclure par une interrogation : n’est-on pas arrivé à une caricature de la parole du témoin où l’accent est mis sur la compassion et les émotions au point d’éclipser celui de l’intelligence qui aide à la compréhension et donne du sens aux événements.